Les Années folles de Coco Chanel

Madame d’Ora,
La créatrice de mode Coco Chanel, avant 1923,
Photographie gélatino-argentique
21,8 x 16 cm
Museum für Kunst und Gewerbe Hamburg,
© Estate of Madame d’Ora, Museum für Kunst und Gewerbe Hamburg
Présentée à la Villa Paloma au cours de l’été 2025, l’exposition « Les Années folles de Coco Chanel » explore la production foisonnante de Gabrielle Chanel dans le contexte spécifique de la Côte d’Azur des années 1920.
En s’appuyant sur une sélection de créations textiles et d’œuvres d’art emblématiques de cette décennie, elle entend rendre hommage au caractère résolument visionnaire de l’approche de Chanel dans son invention de la « femme nouvelle ». Réunissant plus de deux cent objets, elle met en scène un dialogue inédit entre trente modèles et accessoires de Gabrielle Chanel et quarante œuvres d’artistes modernes, dont Kees Van Dongen, Pablo Picasso, Marie Laurencin, Natalia Gontcharova, Sonia Delaunay, Jean Cocteau, Mikhail Larionov, Alexandra Exter ; ainsi que de nombreuses photographies de Man Ray, Dora Kallmus, Edward Steichen et Roger Schall.
Dans un prolongement de ce dialogue fertile entre mode et arts plastiques, l’artiste Chloé Royer (née en 1989) a été invitée à produire un ensemble d’œuvres spécialement conçues pour l’exposition. En résonance avec les créations de Chanel, ses installations réalisées en bronze, verre et céramique interrogent les représentations contemporaines du corps féminin tout en empruntant aux savoir-faire des métiers d’art de la mode.
L’exposition « Les Années folles de Coco Chanel » se développe autour de trois grands axes thématiques : la vie en plein air et l’essor des loisirs balnéaires ; les Ballets russes et l’influence des cultures slaves ; enfin l’invention du « style Riviera ».
À la fin de la Grande Guerre, Gabrielle Chanel a posé les fondations de son futur empire dans les plus prestigieuses stations du littoral. Dès 1912, une première enseigne « Gabrielle Chanel » ouvre ses portes à Deauville. Elle propose des articles de sportswear pour femmes, réalisés en jersey, révolutionnant les codes de la mode et libérant le corps féminin. Le succès est immédiat. En 1914, Chanel ouvre à Monte-Carlo, au sein du luxueux hôtel Hermitage, un commerce de « manteaux, fourrures, tricots, blouses, jupons, dentelles, lingerie, ombrelles, sacs et éventails… ». En 1915, c’est à Biarritz que naît sa première maison de couture, qui emploie soixante ouvrières.
Dans ces trois hauts lieux de villégiature, Chanel offre aux femmes du monde une garde-robe adaptée aux loisirs de plein air, répondant à l’essor des pratiques sportives telles que le golf, le tennis ou la natation. La Principauté de Monaco fait alors figure de pionnière dans le développement du sport féminin, en organisant les premières Olympiades féminines entre 1921 et 1923. L’année suivante, dans le cadre des Jeux Olympiques de Paris de 1924, Jean Cocteau invite Gabrielle Chanel à dessiner les costumes de son ballet Le Train bleu. La décennie 1920 est en effet placée sous le signe de la transdisciplinarité et des amitiés artistiques avec Serge Diaghilev, Igor Stravinsky et les artistes proches des Ballets russes, dont la compagnie est établie à Monte-Carlo.
Coco Chanel, qui réside régulièrement à Monaco, s’installe progressivement sur la Côte d’Azur. 1921 marque la naissance des parfums Chanel avec la création, à Grasse, du célèbre n°5, dont le flacon devient une icône des Années folles. En 1923, elle ouvre une boutique à Cannes. Enfin, c’est en 1928 qu’elle choisit le site de Roquebrune-Cap-Martin pour faire construire la villa La Pausa, pensée comme un havre de paix, à quelques kilomètres de Monaco. Sur les photographies prises à La Pausa, Chanel affiche une certaine image de la liberté, tout en incarnant le style Riviera. Vêtue d’une marinière et d’un pantalon, cheveux coupés courts, elle arbore pour seul ornement ses célèbres colliers de perles.
Après le succès international de la petite robe noire, présentée en 1926 comme la « Ford » de Chanel par le magazine Vogue, la couturière enchaîne les créations somptueuses destinées à une clientèle en quête d’originalité. La dernière salle du parcours rassemble une sélection de robes à franges et sequins, volants de tulle et larges éventails de soie, imaginés pour briller dans les soirées mondaines et témoins de ces Années folles où la créativité semble sans limite.
Le catalogue de l’exposition « Les Années folles de Coco Chanel » est publié par Hatje Cantz (Berlin).
Cet ouvrage, richement illustré, présente l’ensemble des modèles Chanel de l’exposition, accompagnés d’une sélection d’archives inédites et de nombreuses oeuvres d’art moderne et contemporain. Il s’articule autour des textes de Célia Bernasconi, Bronwyn Cosgrave, Oriole Cullen, Laurence Delamare, Amy De la Haye et Waleria Dorogova
Commissaire : Célia Bernasconi
Scénographie : Christophe Martin
Artiste invitée : Chloé Royer
Avec le soutien de